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  • Quelques questions fréquentes sur les grands millésimes

    LES GRANDS MILLÉSIMES SONT-ILS LES MÊMES POUR LES VINS ROUGES ET LES VINS BLANCS ?

    Les rouges – dont l’équilibre dépend de la concentration en sucre et tanins - sont plus demandeurs de soleil que les vins blancs secs. Les grands millésimes des rouges sont donc des années chaudes tandis que les blancs secs préfèrent des étés plus tempérés. En cas de trop fortes chaleurs, la maturation des raisins blancs risque d’être excessive et de faire descendre trop fortement leur taux d’acidité, avec un risque de produire des vins mous, qui manquent de vivacité.

    LA NOTION DE GRANDS MILLÉSIMES EST-ELLE PERTINENTE DANS TOUTES LES RÉGIONS ?

    Cette notion prend tout son sens dans les régions où, d'une année sur l'autre, les conditions de maturation du raisin changent en fonction de variations climatiques. En Italie ou en Californie, où les climats sont très réguliers, le concept de millésime n’est pas primordial ; le terroir, le cépage et le travail du vigneron priment.

    HÉMISPHÈRE NORD, HÉMISPHÈRE SUD : DES MÊMES GRANDS MILLÉSIMES ?

    Dans l’hémisphère Sud, l’été est inversé par rapport à l’hémisphère Nord, et les vendanges ont donc lieu en début d’année. Autrement dit, un vin australien millésimé 2011 aura six mois de plus qu’un vin français millésimé 2011.

    A PARTIR DE QUAND SAIT-ON QU’UN MILLÉSIME EST UN GRAND MILLÉSIME ?

    On dit en général qu’on peut commencer à évaluer un millésime 20 jours après les vendanges. Mais il serait présomptueux de se faire un avis définitif aussi tôt. Pour construire un premier avis sur le millésime, les critiques spécialisées, comme la Revue des Vins de France viennent goûter les vins jeunes en novembre pour la Bourgogne et en mars pour Bordeaux. En réalité, on ne peut vraiment juger d’un millésime que lorsque le vin est arrivé au terme de son vieillissement.

    Pour en savoir plus sur la notion de millésime, n'hésitez pas à lire notre article Qu'est-ce qu'un millésime exceptionnel? Lesquels sont à retenir?

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  • Le cycle végétatif de la vigne et les saisons

    Voici en quelques mots le cycle végétatif de la vigne et des raisins au fur et à mesure des saisons.

     

    Mars - avril : Redémarrage de la végétation après la trêve hivernale

    Plus l’éclosion des bourgeons aura lieu tôt dans l’année, plus la maturation du raisin aura de fortes chances d’aboutir avant que l’automne n’arrive. Pendant cette période, les viticulteurs craignent les gelées printanières qui pourraient influer sur la quantité finale de récolte.

     

    Juin : La floraison

    Elle doit être rapide et homogène pour que l'ensemble des bourgeons atteignent leur maturité au même moment (sinon, le vigneron risque de vendanger une partie de ses raisins alors qu'ils ne sont pas encore complètement mûrs). Cela nécessite une à deux semaines de beau temps.

     

    Août – septembre : La maturation

    Dans le cycle végétatif de la vigne,c’est la période où la qualité du millésime se joue ! Il faut alors de la chaleur et peu de pluie. Si la pluie est trop abondante, la maturation traîne en longueur et favorise le développement de pourritures. En cas de sécheresse, le développement des baies risque d’être trop ralenti.

     

    Septembre – octobre : Les vendanges

    Mieux vaut vendanger par temps sec pour éviter que les raisins ne se gorgent d’eau, ce qui aurait pour conséquence de produire des vins trop dilués. Le choix de la date des vendanges est donc crucial.

    Anecdote : vendanger tôt le matin et par temps sec 
est un gage de vendanges réussies!

    Pour en savoir plus sur la vigne et la vignification, découvrez notre article: "Quelles sont les étapes d'une vinification d'un vin rouge réussie ?"

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  • Votre prochaine destination de vacances, le Sahara alsacien !

    Mais pourquoi les vacanciers s’entassent-ils sur les plages rétaises ? Contrairement à l’île de Ré, il fait beau en Alsace ; alors mettez le cap plein est pour vos vacances d’été 2013 ; )  Lors de votre prochaine choucroute party arrosée au Riesling, vous surprendrez vos amis en leur affirmant qu’il pleut moins en Alsace… qu’au Kenya ! La pluviométrie du vignoble alsacien est la plus faible de tous les vignobles de France, s’élevant entre 500 et 600 mm d’eau par an. Colmar est la deuxième ville la plus sèche de France juste derrière Perpignan. Je suis d’accord avec vous, c’est le monde à l’envers…

    Comment l’expliquer ?! L’Alsace a une position géographique très avantageuse. Elle est protégée par un part-nuage et brise-nuage très efficace : les Vosges. En effet, le vignoble alsacien est une fine bande de terroir blottie aux pieds de la montagne qui la protège du vent et de la pluie océanique. Des vignes peu arrosées donnent des raisins moins gorgés d’eau, et donc des vins plus concentrés.

    Les Vosges apportent une autre grande force aux vignes alsaciennes : l'altitude. Afin de capter les rayons obliques du soleil, les vignes sont taillées hautes et les rangées sont bien espacées. Tels des panneaux solaires, elles captent au maximum les rayons du soleil et les raisins se gorgent de soleil. Ils gagnent donc en sucre et perdent en acidité. Tout l’enjeu du vigneron est de vendanger les raisins avant qu’ils ne deviennent trop sucrés et donc trop alcooleux. Comme le dit Alain Gousse, un bon vin alsacien n'a pas une sucrosité étouffante.

    Focalisez-vous sur cette sucrosité pendant votre dégustation du Gewurztraminer Grand Cru Zinnkoepflé 2010 contenu dans votre coffret découverte de l'oenologie de novembre : le vin présente un juste équilibre entre le sucre provenant de l'excellente exposition de la parcelle Zinnkoepflé et l'acidité préservée par le viticulteur qui a pris soin de vendanger avant que les raisins ne soient trop mûrs.

  • Domaine Theulot-Juillot : d’abord une histoire de couple

         Le vin se vit à deux. Il y a souvent derrière un domaine ou un château viticole l’histoire d’un couple qui a décidé de faire de la vigne son projet de vie. Le domaine Theulot-Juillot, c’est d’abord cela. Encore jeunes adolescents, Jean Claude Theulot et Nathalie Juillot se sont rencontrés dans les vignes, ont appris à se connaître en vendangeant ensemble. Epouser Nathalie, c’était aussi épouser la vigne et le domaine Juillot. Tout jeunes mariés – ils ont à peine 23 ans – la grand-mère de Mme Theulot leur propose de reprendre le domaine familial « Je suis vieille du haut de mes 85 ans, leur a-t-elle dit, si ma proposition vous intéresse, foncez ! ». Et ils foncent.

         La grand-mère de Mme Theulot, âgée de 85 ans, n’avait plus l’énergie pour « tenir » un tel domaine. Du coup, le domaine vivotait : les jeunes vignerons en charge du domaine changeaient tous les 6 mois, aucun investissement n’avait été réalisé en 20 ans et l’état des vignes se dégradait année après année. Monsieur Theulot, sa licence de Sciences de la Vigne en poche, a rapidement repris la situation en main, soignant les vignes, arrachant les ceps trop abîmés pour en replanter de nouveaux. La « génération précédente », se focalisait sur la vente du vin en oubliant la vigne. Le couple Theulot préfère retourner à la vigne et au raisin pour améliorer la qualité du vin ; les ventes suivront. A force de persévérance, d’abnégation, de passion, ils parviennent à hisser le domaine Theulot Juillot parmi les plus prometteurs de l’appellation Mercurey.

         Si vous passez à Mercurey, n’hésitez pas à venir les saluer. Ils se feront une joie de vous accueillir.

         Le Mercurey vieilles vignes 2010 : un vin d'assemblage révélateur de la force de la Bourgogne : ses sols

         Monsieur Theulot voulait créer un vin gourmand, rond, facile à boire mais complexe au nez, « un vin que l’on boit sans se poser de question » me résume-t-il. Pour cela, il décide d’assembler trois vins différents et complémentaires provenant de trois micro-parcelles voisines. L’un est très structuré, l’autre très élégant et fruité tandis que le dernier est plus souple, plus léger. C’est cet assemblage original qui fait l’excellence du Mercurey Vieilles Vignes du domaine Theulot-Juillot.

         Une question nous vient naturellement à l’esprit : les trois vins composant le « Mercurey vieilles vigne » viennent de la même région bourguignonne, de la même AOC Mercurey, du même cépage Pinot Noir, de vignes toutes trentenaires, du même vigneron, du même millésime, du même processus de vinification… mais ils sont tous très différents !  Comment expliquer cette différence de goût entre les 3 vins alors qu’ils ont tous les mêmes ingrédients?! C’est toute la magie de la terre. Une terre formée de sols très différents. La seule AOC Mercurey de 645 ha a 56 sols différents. Puis ces sols sont à des altitudes et des expositions différentes. Ainsi, deux vignes parfaitement identiques en apparence peuvent donner deux vins totalement différents selon leur sol, leur altitude, leur microclimat etc. C’est ce qu’on appelle le terroir. La diversité des terroirs est, selon monsieur Theulot, la force de la Bourgogne : la multitude de micro-parcelles, différentes grâce à la diversité géologique et géographique de la Bourgogne, permet une grande richesse de vins. Sur ses 11 ha il propose 15 vins, alors qu’un vigneron Bordelais peut faire sur 30-40 ha un seul vin.

         Parmi les caractéristiques du Mercurey Vieilles vignes 2010, on notera les suivantes :

    1. 1. Issu de vieilles vignes, c’est-à-dire de vignes âgées de plus de 35 ans. . Officiellement, il n’existe pas encore de norme qui définisse à partir de quel âge une vigne est « vieille ». Certains vignerons – d’une honnêteté douteuse –  peuvent inscrire « Vieilles vignes » sur leur étiquette alors que leur vigne n’est âgée que de 10 ans. Chez les Theulot-Juillot, on ne parle de vieilles vignes que lorsque celles-ci ont dépassé les trente cinq ans.
    2. 2. Vendanges manuelles… il va falloir se moderniser non ? Et bien non, c’est un choix mûrement réfléchi. Investir dans des machines serait peu rentable car les parcelles sont peu mécanisables. De plus, les cépages sont identiques, mais les pieds de vignes sont très différents. « J’imagine que vous et moi l’on ne se ressemble pas !», me fait-il remarquer. Le geste du vendangeur doit s’adapter à la morphologie de chaque vigne pour ne pas l’abîmer. Pas question donc de mécaniser les vendanges.
    3. 3. Elevé en fût de chêne, pour rester dans le sillage de la tradition en apportant complexité et maturité au vin.

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