Le BA BA

Les BA-BA du vin, pour remettre les pendules à l'heure

  • Quelles sont les étapes de la vinification d'un vin rouge réussie ?

    Derrière le vin, il y a des hommes et des femmes, avec leurs caractères, leurs convictions, leurs doutes. Depuis les vendanges jusqu'à la mise en bouteille, au cours des étapes de la vinification, ces hommes et ces femmes sont amenés à effectuer une série de choix qui ont un impact considérable sur le vin : choix de la date des vendanges, de la quantité de souffre rajoutée, de la durée et du type de fermentation, des assemblages, des méthodes d’élevage, etc… Le vigneron préfère-t-il laisser parler la nature pour produire un « vin de terroir », ou souhaite-t-il la moduler pour mettre au monde un « vin technologique » ?

    Vous retrouverez ci-dessous les étapes de la vinification d’un vin rouge, avec les choix clefs qui s’offrent au vigneron lors de ces principales étapes (simplifiées pour plus de compréhension).

    •  Les vendanges : of course ! Pas de raisin – pas de vin !

    Le vigneron récolte le raisin entre fin août et fin octobre. Il peut choisir de le récolter plus ou moins mûr. Ce qui influerait sur le taux de sucre et donc sur le taux d’alcool final. Vendanges manuelles ou mécaniques ? Les vendanges manuelles permettent de protéger la vigne. La plupart des vins sélectionnés par Alain Gousse sont issus de vendanges manuelles, c'est le cas par exemple du Margaux, 2010, Château les Baraillots, ou le Chinon, Cuvée les Charmes 2009 du Domaine Charles Joguet. Cependant les viticulteurs ne font pas ce choix si fréquemment, en France 90 % des vignes sont vendangées à la machine ! Pour une raison économique surtout.

    • Egrappage et foulage

    Les rafles – tiges sur lesquelles poussent le raisin – et les feuilles sont séparées du raisin avant de le mettre en cuve. Egrappage total ou partiel ? Là encore, quelques vignerons préfèrent un égrappage total pour éviter que les tiges n’altèrent les arômes et tannins de certains cépages à la peau très fine comme le poulsard.

    • Fermentation alcoolique

    Les raisins macèrent avec leurs peaux et les rafles restantes dans une cuve pour créer l’alcool. Les sucres contenus dans le raisin se transforment en alcool par l’action de champignons microscopiques : les levures qui peuvent être naturelles ou artificielles. Au cours de leur besogne elles libèrent des arômes que vous retrouverez dans le vin. Certains maitres de chai s’autorisent même quelques fantaisies et peuvent être tentés d’utiliser des levures qui donneraient au vin un léger goût de banane ! Why not ?

    •  Pressurage

    Le liquide ou « moût » est versé dans une cuve et donne un « vin de goutte » léger, tandis que la partie solide ou « marc » est pressée pour en extraire un « vin de presse » plus tannique. Ces deux vins sont assemblés dans des proportions différentes selon l’équilibre du vin recherché.

    • Fermentation malolactique

    Le vigneron peut ensuite stimuler une fermentation malolactique pour diminuer l’acidité et l’astringence du jeune vin. Des bactéries lactiques transforment l’acide malique en acide lactique, un acide deux fois moins acide ! Le vigneron peut décider de déclencher ou non cette fermentation suivant le niveau d’acidité qu’il souhaite donner à son vin : il peut par exemple la bloquer en ajoutant du souffre.

    •  Elevage

    Pendant quelques mois à quelques années, le vin repose dans une cuve ou un fût. Grâce à la micro-oxygénation permise par le fût, le vin peut continuer à respirer pour « arrondir » ses tannins. Le fût au contact du vin, libère ses propres tannins qui permettent notamment d’intensifier et de stabiliser la couleur d’un vin, il apportera aussi des notes de boisé, amandes grillées ou vanille.

    •  Assemblage

    Cette étape consiste à composer un vin à partir des différentes cuvées disponibles. Quels cépages, quelles parcelles assembler ?

    •  Mise en bouteille

    Il ne reste plus qu’à embouteiller le précieux breuvage. Le  vigneron se pose alors la question du choix de bouteille, de l’étiquette et du bouchon (liège ou synthétique ?).

    Si vous souhaitez en découvrir plus sur les différentes étapes de la vinification n'hésitez pas à vous abonner à la box vin My Vitibox dont le livret mensuel viendra compléter vos connaissances viticoles!

  • Il est keus, fat, enrobé... à chacun sa forme de bouteille !

    On trouve les plus belles moustaches en Alsace (par exemple, samedi dernier, l'alsacien en photo a été « médaillé d’argent » de la plus belle moustache européenne), les bretons et normands sont plus blonds que la moyenne, il y a moins d’obèses dans le sud que dans le nord… vous l’avez compris : chaque région est différente, et ça se voit.

     

    Pour les bouteilles, c’est pareil! A chacun sa forme de bouteille! Avant même de déguster, votre œil aiguisé peut reconnaître la provenance d’un vin, et donc faire des suppositions sur les cépages... mais patience, on verra ça plus tard.

     

    Chaque bouteille a sa forme, sa personnalité, sa (ou ses) région(s) et… son nom :

     

    1. La « rhodanienne » de la vallée du Rhône s’inspire de la fameuse bourguignonne (cf numéro 4), sa voisine du nord.

    2. La « flûte » d’Alsace, couleur vert clair, contient traditionnellement des vins blancs secs et légers mais son design très vendeur est copié rapidement pour tous les types de vins.

    3. La « flûte à corset » à droite ; ces deux bouteilles caractérisent la Provence et la Loire. De couleur vert clair, voire transparente, elles évoquent l’été. Elles contiennent des rosés secs ou des vins blancs d’Italie.

    4. La « bourguignonne », facilement reconnaissable, de couleur vert foncé, est ronde comme les rouges qu’elle contient. Elle a inspiré la « rhodanienne » et certains vins de Loire (muscadet et Anjou).

    5. La « bordelaise » ; si elle est couleur vert foncé, elle contient un vin rouge ; si elle est vert clair, le vin blanc est à l’honneur. Généralisée à quasiment tous les vins du sud-ouest, elle a été largement copiée par les nouveaux venus : la californienne lui ressemble, sauf que son goulot est plus évasé, les vins d’Afrique du Sud, de Chili et d’Hongrie s’en inspirent etc.

    6. Le « clavelin » du Jura, pour les « vins jaunes », vins secs élevés en fûts d’une façon très particulière pendant très exactement 6 ans et 3 mois. Attention, il ne contient que 62 cl car un litre de jus de raisin se réduit globalement à 62 cl de vin jaune à la fin de son vieillissement.

    7. La « champenoise » dont la forme s’apparente à celle de la bourguignonne.

     

    Allez, ce soir au comptoir vous allez briller: chacun reconnaitra sa forme de bouteille! Sauf si vous commandez du vin en cubi...

    Et pour voir tous les formats commandez votre abonnement vin My Vitibox, vous en verrez de toutes les couleurs! Enfin de toutes les formes :-)

  • Bouchons en liège ou synthétiques, telle est la question

    Depuis une trentaine d’années, nous avons accepté les bouchons synthétiques au profit des arbres chênes-lièges, sous prétexte de modernité teintée de sauvegarde des forêts de chêne-liège.

    Mais, le liège est une ressource renouvelable : il provient de l’écorce, son processus de récolte est très respectueux de l’environnement et aucun arbre n’est abattu. Les bouchons de liège sont par ailleurs 100% biodégradables ou recyclables. Alors, existe-t-il d’autres raisons plus valables pour abandonner nos chers bouchons de liège?

    Les partisans du synthétique avancent trois autres arguments. C’est d’abord une question de coût : les bouchons synthétiques sont tout simplement moins chers à produire. C’est également beaucoup plus pratique de refermer une bouteille avec un bouchon synthétique. Enfin, avec des bouchons en plastique, pas de risque de vin bouchonné puisque ceux-ci ne contiennent jamais de trichloroanisole, cette substance qui peut entraîner une odeur de bouchon très désagréable et donner au vin un goût de moisissure.

    Seulement voilà, les bouchons synthétiques jouent leur rôle un peu trop … à fond ! Ils ferment si bien la bouteille qu’ils ne laissent s’infiltrer aucune micro bulle d’air dans la bouteille de vin, lorsque celui-ci mature en cave. Les puristes du liège assurent que cela empêche le vin de bien vieillir. C’est la raison pour laquelle le liège est revenu au goût du jour. Ne craignons rien, n’abdiquons pas face au plastique, dégustons et buvons, dans l’art des traditions !

  • Les tanins du vin

    En octobre, Alain Gousse, notre sommelier, vous faisait déguster un Plaisir de Siaurac 2010 Lalande de Pomerol et un Mercurey Vieilles Vignes 2010 Theulot Juillot. C’était le match Bordeaux contre Bourgogne. Le premier vin, très tannique, n’avait rien à voir avec le second, beaucoup plus souple. Mais que veulent vraiment dire les mots « tannique » et « souple » ? Et que sont les tanins du vin ?

    Les tanins sont des substances (des métabolites pour être très précis) présentes en  grande quantité dans la peau du raisin. Leur première mission est de protéger les raisins contre les attaques des parasites et autres méchants champignons.

    Lors de la fabrication d’un vin rouge, on laisse le moût des raisins (leur jus en fermentation) au contact de leur peau pendant plusieurs jours voire semaines. Les tanins, très présents dans la peau des raisins, se libèrent alors dans le moût.

    Au contraire, lors de la fermentation des vins blancs, on ne laisse pas le jus de raisin au contact de la peau des raisins. C’est la raison pour laquelle le taux de tanins est très faible dans les vins blancs alors qu’il est plus élevé dans les vins rouges.

    Les tanins du vin jouent un rôle clé dans la consistance que le vin aura par la suite puisque ce sont eux qui donnent sa charpente au vin rouge et qui laissent cette note d’amertume que l’on ressent lorsque l’on boit un vin rouge. La charpente du vin prodigue à votre palais une impression d’épaisseur et de volume lorsque vous le dégustez. Certains vins donnent ainsi l’impression d’être très légers et aériens tandis que d’autres paraissent beaucoup plus lourds et volumineux. Bien sûr cela n’est qu’une impression car 3cl de vin occuperont toujours le même volume ! Mais lors de vos prochaines dégustations, essayez d’évaluer le volume et l’épaisseur du vin dans votre bouche et vous serez surpris des différences que vous constaterez entre divers vins.

    Vous parlerez d’un vin tannique ou ferme si son taux de tanin est élevé, et d’un vin souple si son taux de tanins est faible. Les vins du Bordelais sont traditionnellement plus tanniques que les vins de Bourgogne. Et vous percevrez facilement cette différence en dégustant et comparant le Plaisir de Siaurac 2010 Lalande de Pomerol, tannique, et le Mercurey Vieilles Vignes 2010 Theulot Juillot, souple.

    Certains vins peuvent contenir trop de tanins ; vous aurez alors la sensation de bouche sèche lorsque vous boirez un verre de vin ce qui est quand même un comble : boire pour finir asséché, quelle idée ! Vous pourrez alors qualifier le vin d’astringent.

    Pour vous faire une meilleure idée de ces différences et apprendre à déguster le vin, je vous conseille notre abonnement vin My Vitibox! Chaque mois de belles bouteilles et un petit guide complet pour apprendre à déguster :-)

  • Domaine Theulot-Juillot : d’abord une histoire de couple

         Le vin se vit à deux. Il y a souvent derrière un domaine ou un château viticole l’histoire d’un couple qui a décidé de faire de la vigne son projet de vie. Le domaine Theulot-Juillot, c’est d’abord cela. Encore jeunes adolescents, Jean Claude Theulot et Nathalie Juillot se sont rencontrés dans les vignes, ont appris à se connaître en vendangeant ensemble. Epouser Nathalie, c’était aussi épouser la vigne et le domaine Juillot. Tout jeunes mariés – ils ont à peine 23 ans – la grand-mère de Mme Theulot leur propose de reprendre le domaine familial « Je suis vieille du haut de mes 85 ans, leur a-t-elle dit, si ma proposition vous intéresse, foncez ! ». Et ils foncent.

         La grand-mère de Mme Theulot, âgée de 85 ans, n’avait plus l’énergie pour « tenir » un tel domaine. Du coup, le domaine vivotait : les jeunes vignerons en charge du domaine changeaient tous les 6 mois, aucun investissement n’avait été réalisé en 20 ans et l’état des vignes se dégradait année après année. Monsieur Theulot, sa licence de Sciences de la Vigne en poche, a rapidement repris la situation en main, soignant les vignes, arrachant les ceps trop abîmés pour en replanter de nouveaux. La « génération précédente », se focalisait sur la vente du vin en oubliant la vigne. Le couple Theulot préfère retourner à la vigne et au raisin pour améliorer la qualité du vin ; les ventes suivront. A force de persévérance, d’abnégation, de passion, ils parviennent à hisser le domaine Theulot Juillot parmi les plus prometteurs de l’appellation Mercurey.

         Si vous passez à Mercurey, n’hésitez pas à venir les saluer. Ils se feront une joie de vous accueillir.

         Le Mercurey vieilles vignes 2010 : un vin d'assemblage révélateur de la force de la Bourgogne : ses sols

         Monsieur Theulot voulait créer un vin gourmand, rond, facile à boire mais complexe au nez, « un vin que l’on boit sans se poser de question » me résume-t-il. Pour cela, il décide d’assembler trois vins différents et complémentaires provenant de trois micro-parcelles voisines. L’un est très structuré, l’autre très élégant et fruité tandis que le dernier est plus souple, plus léger. C’est cet assemblage original qui fait l’excellence du Mercurey Vieilles Vignes du domaine Theulot-Juillot.

         Une question nous vient naturellement à l’esprit : les trois vins composant le « Mercurey vieilles vigne » viennent de la même région bourguignonne, de la même AOC Mercurey, du même cépage Pinot Noir, de vignes toutes trentenaires, du même vigneron, du même millésime, du même processus de vinification… mais ils sont tous très différents !  Comment expliquer cette différence de goût entre les 3 vins alors qu’ils ont tous les mêmes ingrédients?! C’est toute la magie de la terre. Une terre formée de sols très différents. La seule AOC Mercurey de 645 ha a 56 sols différents. Puis ces sols sont à des altitudes et des expositions différentes. Ainsi, deux vignes parfaitement identiques en apparence peuvent donner deux vins totalement différents selon leur sol, leur altitude, leur microclimat etc. C’est ce qu’on appelle le terroir. La diversité des terroirs est, selon monsieur Theulot, la force de la Bourgogne : la multitude de micro-parcelles, différentes grâce à la diversité géologique et géographique de la Bourgogne, permet une grande richesse de vins. Sur ses 11 ha il propose 15 vins, alors qu’un vigneron Bordelais peut faire sur 30-40 ha un seul vin.

         Parmi les caractéristiques du Mercurey Vieilles vignes 2010, on notera les suivantes :

    1. 1. Issu de vieilles vignes, c’est-à-dire de vignes âgées de plus de 35 ans. . Officiellement, il n’existe pas encore de norme qui définisse à partir de quel âge une vigne est « vieille ». Certains vignerons – d’une honnêteté douteuse –  peuvent inscrire « Vieilles vignes » sur leur étiquette alors que leur vigne n’est âgée que de 10 ans. Chez les Theulot-Juillot, on ne parle de vieilles vignes que lorsque celles-ci ont dépassé les trente cinq ans.
    2. 2. Vendanges manuelles… il va falloir se moderniser non ? Et bien non, c’est un choix mûrement réfléchi. Investir dans des machines serait peu rentable car les parcelles sont peu mécanisables. De plus, les cépages sont identiques, mais les pieds de vignes sont très différents. « J’imagine que vous et moi l’on ne se ressemble pas !», me fait-il remarquer. Le geste du vendangeur doit s’adapter à la morphologie de chaque vigne pour ne pas l’abîmer. Pas question donc de mécaniser les vendanges.
    3. 3. Elevé en fût de chêne, pour rester dans le sillage de la tradition en apportant complexité et maturité au vin.

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