Vinification

Il devint Vin

  • Le soleil arrive : cap sur le rosé !

    Petite information surprenante pour briller à la plage et en pique-nique : le rosé est le deuxième vin le plus consommé en France devant le vin blanc ! En effet, si le rouge tient le haut du pavé avec 60%, le rosé est numéro 2 avec 23% et le blanc est le petit dernier avec 17%. Et avec le rosé le plus cher du monde qui dépasse désormais les 80 euros pièce, le sujet devient plus sérieux que jamais. Mais cela pose donc une question cruciale : comment bien choisir son rosé ?

    La première chose à savoir est qu’il existe trois façons de produire du rosé, et que chacune de ces méthodes produit un type de vin différent répondant à un besoin différent. La question devient donc : quel rosé pour quelle occasion ? L'abonnement vin My VitiBox vous propose un petit tour de panorama !

    Les rosés de presse : les compagnons de l’apéro.

    Première méthode pour faire du rosé : prendre des raisins noirs et les emmener directement au pressoir comme on l’aurait fait pour du vin blanc. On les presse fort (d’où le nom rosé de presse) et pendant ce contact bref mais intense entre jus et peau, quelques pigments passent de la peau vers le jus, colorant ainsi légèrement le vin et lui donnant une robe rose pâle. Ce sont donc généralement les rosés les plus légers, à servir bien frais quand le soleil commence à se coucher, pourquoi pas avec des olives.

    Les rosés de saignée : copains des buffets froids.

    Deuxième technique : au début de la macération d’un vin rouge, on prélève un peu du jus dans la cuve (on la « saigne », d’où le nom), et on élève à part ce jus qui n’a pas eu beaucoup de temps pour se colorer, et révèle donc une robe rosée d’intensité moyenne.  Comme la macération a tout juste commencé, les levures n’ont pas pu transformer beaucoup de sucre en alcool, et ces vins sont par conséquent très gourmands. Ceux-ci iront merveilleusement bien avec les grands plateaux de crudités qui eux aussi ont des jolies petites notes sucrées, notamment les chou et les betteraves ! C’est le moment double bingo à l’ombre du parasol : du gourmand ET du rafraîchissant.

    Les rosés de macération : le camarade des bonnes grillades.

    Dernière façon de procéder pour nos amis vignerons : commencer à faire comme pour du vin rouge et arrêter bien vite la macération (au bout de quelques heures au lieu de quelques jours voire semaines pour les vins rouges). Le vin n’a donc pas eu le temps de devenir rouge, mais il s’est bien coloré quand même et s’est un peu chargé en tanins. Ce sont donc des rosés à la robe soutenue et plus costauds en bouche, donc parfait pour vos barbecues de viandes et autres joyeuses grillades !

    Tout cela c’est bien joli, mais comment savoir face à quel type de rosé on se trouve? Premier indice, on vous en a parlé : la robe. Mais c’est vrai que cela reste un critère approximatif et qu’il vaut mieux avoir roulé sa bosse pour se sentir sûr de soi. Sinon, il n’y a pas de secret, il faut se renseigner. Ainsi, si vous êtes chez un caviste ou vigneron, n’hésitez pas à demander, et en grande distribution, croisez les doigts pour que l’info figure sur la contre-étiquette ! Le cas échéant, vous pouvez toujours dégainer votre smartphone...

    Le monde du vin réserve plein de surprises, et pour tout découvrir, rien de mieux qu’un abonnement My VitiBox ! En recevant chaque mois notre coffret vin, vous aurez deux excellentes bouteilles dûment sélectionnées par Alain Gousse, ancien sommelier de la Tour d’Argent et du Crillon, et un magazine pour déguster vos vis pas à pas et tout découvrir sur le monde de l’œnologie. Sinon, tournez-vous vers un cours œnologie pour prendre tous les bons réflexes. Bonne dégustation de rosé et à bientôt !

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  • Quel mot désigne la transformation du sucre du raisin en alcool ? La fermentation alcoolique.

    Le terme technique utilisé est : la fermentation alcoolique, une étape majeure de la vinification

     

    Qu'est ce que la fermentation alcoolique?

    Les raisins macèrent avec leurs peaux dans une cuve pour créer l’alcool. Les sucres contenus dans le raisin se transforment en alcool par l’action de champignons microscopiques : les levures.

    Levures naturelles ou artificielles ?

    Le vigneron laisse-t-il la nature parler en n’utilisant que les levures naturelles ou influence-t-il le goût du vin en introduisant des levures artificielles dont il peut choisir les arômes ?

     

    Pour en savoir plus sur la fermentation alcoolique et les différentes étapes de vinification, découvrez nos autres articles:

    "Quelles sont les étapes d'une vinification d'un vin rouge réussie?"

    et "Fermentation du vin : le vigneron, un apprenti chimiste?"

     

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  • Pourquoi élever un vin en fût de chêne ?

    Un vin vieilli en fût de chêne, ça fait classe et authentique ! Mais cette étape améliore-t-elle vraiment la qualité et le goût du vin ? Quelques informations pour continuer votre initiation à la dégustation.

    Contrairement à l’inox, les micropores du bois laissent passer un peu d’air. Grâce à cette micro-oxygénation, le vin peut continuer à respirer pour « arrondir » ses tanins et réduire les arômes primaires pour laisser s’exprimer de nouveaux arômes. De plus, le fût, au contact du vin, libère ses propres tanins qui permettent notamment d’intensifier et de stabiliser la couleur d’un vin. Ses arômes vont contribuer à la complexité du vin en apportant des notes de boisé, amandes grillées, pain toasté, clou de girofle, ou vanille (le chêne contient par exemple de la vanilline).

     

    Attention aux risques de l’élevage en fût !

    De plus en plus de vignerons s’opposent à la mode du « tout fût de chêne » qui, en insistant avec excès sur un boisé artificiel, dénaturerait et standardiserait les vins. Lorsque l’on déguste certains vins, on a effectivement parfois l’impression de boire du jus de planche tellement le fût a marqué le vin. Ces vignerons préfèrent l’élevage en cuve inox, solution plus hygiénique, qui respecte la saveur des vins… et qui est surtout bien plus économique !

     

    De l’importance significative du choix du fût de chêne :

    La taille du fût : Plus sa capacité est grande moins il dégage d’arômes.

    L’âge du fût : Plus il est neuf, plus il libère d’arômes.

    Les techniques de chauffage : Des arômes de vanille apparaissent si le bois du fût a été peu chauffé et des arômes d’amandes grillées ou de toasté si la chauffe a été plus forte.

    La provenance : Des chênes provenant de différentes géographies (e.g. Forêt de Tronçais en France ou forêts américaines) libéreront différents types de tanins et d’arômes dans le vin.

     

    Le vin élevé en fût de chêne que je vous conseille : Chateau Villa Carmin 2010 - Médoc

    (Box vin My VitiBox du mois de Mars)

    Si vous souhaitez découvrir des vins somptueux élevés en fût de chêne, n'hésitez pas à vous inscire à l'abonnement vin My VitiBox!

  • Fermentation du vin: le vigneron, un apprenti chimiste?

    Le vin a toujours été centre de nombreux débats, laissez moi vous faire partager quelques exemples de stratégies adoptées, pour la fermentation du vin, par certains vignerons, parfois critiquées pour approfondir votre initiation à l'oenologie ;)

    Les levures, pour un vin naturel ou marketing?

    Les levures, ces champignons microscopiques contenus dans le sol, sont les ouvrières de la fermentation du vin, dite fermentation alcoolique : elles transforment le sucre en alcool. Mais, au cours de leur besogne, elles libèrent des arômes. Le vigneron doit donc faire un choix : laisse t-il la nature parler en utilisant que les levures naturellement contenues dans le moût (dites levures indigènes)? Ou préfère-t-il influencer le goût de son vin en introduisant des levures artificielles dont il peut lui-même choisir les arômes? Il peut ainsi laisser libre cours à son imagination pour créer par exemple des vins marketing au goût de...banane!

    La fermentation malolactique, to be or not to be?

    Après la fermentation alcoolique qui a transformé le sucre en alcool, intervient une autre fermentation du vin: la fermentation malolactique qui permet de diminuer l'acidité et l'astringence du jeune vin. En effet, les acides maliques (acides que l'on peut trouver par exemple dans la pomme) se transforment en acides lactiques (acides que l'on retrouve dans le lait ou le fromage). Le vin perd alors en acidité et de nouveaux arômes lactés (mie de pain, brioche, beurre frais) apparaissent. Le vigneron peut décider de déclencher ou non cette fermentation suivant le niveau d'acidité qu'il souhaite donner à son vin : il peut par exemple la bloquer en ajoutant du soufre au vin pour conserver une acidité plus élevée.

    Si vous souhaitez découvrir d'autres informations sur la viticulture de façon ludique et conviviale n'hésite pas à vous abonner à une box vin My VitiBox, vous recevrez tous les mois un livret complet avec des fiches dégustations, des idées recettes et plein d'informations sur l'oenologie!

  • Quelles sont les étapes de la vinification d'un vin rouge réussie ?

    Derrière le vin, il y a des hommes et des femmes, avec leurs caractères, leurs convictions, leurs doutes. Depuis les vendanges jusqu'à la mise en bouteille, au cours des étapes de la vinification, ces hommes et ces femmes sont amenés à effectuer une série de choix qui ont un impact considérable sur le vin : choix de la date des vendanges, de la quantité de souffre rajoutée, de la durée et du type de fermentation, des assemblages, des méthodes d’élevage, etc… Le vigneron préfère-t-il laisser parler la nature pour produire un « vin de terroir », ou souhaite-t-il la moduler pour mettre au monde un « vin technologique » ?

    Vous retrouverez ci-dessous les étapes de la vinification d’un vin rouge, avec les choix clefs qui s’offrent au vigneron lors de ces principales étapes (simplifiées pour plus de compréhension).

    •  Les vendanges : of course ! Pas de raisin – pas de vin !

    Le vigneron récolte le raisin entre fin août et fin octobre. Il peut choisir de le récolter plus ou moins mûr. Ce qui influerait sur le taux de sucre et donc sur le taux d’alcool final. Vendanges manuelles ou mécaniques ? Les vendanges manuelles permettent de protéger la vigne. La plupart des vins sélectionnés par Alain Gousse sont issus de vendanges manuelles, c'est le cas par exemple du Margaux, 2010, Château les Baraillots, ou le Chinon, Cuvée les Charmes 2009 du Domaine Charles Joguet. Cependant les viticulteurs ne font pas ce choix si fréquemment, en France 90 % des vignes sont vendangées à la machine ! Pour une raison économique surtout.

    • Egrappage et foulage

    Les rafles – tiges sur lesquelles poussent le raisin – et les feuilles sont séparées du raisin avant de le mettre en cuve. Egrappage total ou partiel ? Là encore, quelques vignerons préfèrent un égrappage total pour éviter que les tiges n’altèrent les arômes et tannins de certains cépages à la peau très fine comme le poulsard.

    • Fermentation alcoolique

    Les raisins macèrent avec leurs peaux et les rafles restantes dans une cuve pour créer l’alcool. Les sucres contenus dans le raisin se transforment en alcool par l’action de champignons microscopiques : les levures qui peuvent être naturelles ou artificielles. Au cours de leur besogne elles libèrent des arômes que vous retrouverez dans le vin. Certains maitres de chai s’autorisent même quelques fantaisies et peuvent être tentés d’utiliser des levures qui donneraient au vin un léger goût de banane ! Why not ?

    •  Pressurage

    Le liquide ou « moût » est versé dans une cuve et donne un « vin de goutte » léger, tandis que la partie solide ou « marc » est pressée pour en extraire un « vin de presse » plus tannique. Ces deux vins sont assemblés dans des proportions différentes selon l’équilibre du vin recherché.

    • Fermentation malolactique

    Le vigneron peut ensuite stimuler une fermentation malolactique pour diminuer l’acidité et l’astringence du jeune vin. Des bactéries lactiques transforment l’acide malique en acide lactique, un acide deux fois moins acide ! Le vigneron peut décider de déclencher ou non cette fermentation suivant le niveau d’acidité qu’il souhaite donner à son vin : il peut par exemple la bloquer en ajoutant du souffre.

    •  Elevage

    Pendant quelques mois à quelques années, le vin repose dans une cuve ou un fût. Grâce à la micro-oxygénation permise par le fût, le vin peut continuer à respirer pour « arrondir » ses tannins. Le fût au contact du vin, libère ses propres tannins qui permettent notamment d’intensifier et de stabiliser la couleur d’un vin, il apportera aussi des notes de boisé, amandes grillées ou vanille.

    •  Assemblage

    Cette étape consiste à composer un vin à partir des différentes cuvées disponibles. Quels cépages, quelles parcelles assembler ?

    •  Mise en bouteille

    Il ne reste plus qu’à embouteiller le précieux breuvage. Le  vigneron se pose alors la question du choix de bouteille, de l’étiquette et du bouchon (liège ou synthétique ?).

    Si vous souhaitez en découvrir plus sur les différentes étapes de la vinification n'hésitez pas à vous abonner à la box vin My Vitibox dont le livret mensuel viendra compléter vos connaissances viticoles!

  • Votre prochaine destination de vacances, le Sahara alsacien !

    Mais pourquoi les vacanciers s’entassent-ils sur les plages rétaises ? Contrairement à l’île de Ré, il fait beau en Alsace ; alors mettez le cap plein est pour vos vacances d’été 2013 ; )  Lors de votre prochaine choucroute party arrosée au Riesling, vous surprendrez vos amis en leur affirmant qu’il pleut moins en Alsace… qu’au Kenya ! La pluviométrie du vignoble alsacien est la plus faible de tous les vignobles de France, s’élevant entre 500 et 600 mm d’eau par an. Colmar est la deuxième ville la plus sèche de France juste derrière Perpignan. Je suis d’accord avec vous, c’est le monde à l’envers…

    Comment l’expliquer ?! L’Alsace a une position géographique très avantageuse. Elle est protégée par un part-nuage et brise-nuage très efficace : les Vosges. En effet, le vignoble alsacien est une fine bande de terroir blottie aux pieds de la montagne qui la protège du vent et de la pluie océanique. Des vignes peu arrosées donnent des raisins moins gorgés d’eau, et donc des vins plus concentrés.

    Les Vosges apportent une autre grande force aux vignes alsaciennes : l'altitude. Afin de capter les rayons obliques du soleil, les vignes sont taillées hautes et les rangées sont bien espacées. Tels des panneaux solaires, elles captent au maximum les rayons du soleil et les raisins se gorgent de soleil. Ils gagnent donc en sucre et perdent en acidité. Tout l’enjeu du vigneron est de vendanger les raisins avant qu’ils ne deviennent trop sucrés et donc trop alcooleux. Comme le dit Alain Gousse, un bon vin alsacien n'a pas une sucrosité étouffante.

    Focalisez-vous sur cette sucrosité pendant votre dégustation du Gewurztraminer Grand Cru Zinnkoepflé 2010 contenu dans votre coffret découverte de l'oenologie de novembre : le vin présente un juste équilibre entre le sucre provenant de l'excellente exposition de la parcelle Zinnkoepflé et l'acidité préservée par le viticulteur qui a pris soin de vendanger avant que les raisins ne soient trop mûrs.

  • Bouchons en liège ou synthétiques, telle est la question

    Depuis une trentaine d’années, nous avons accepté les bouchons synthétiques au profit des arbres chênes-lièges, sous prétexte de modernité teintée de sauvegarde des forêts de chêne-liège.

    Mais, le liège est une ressource renouvelable : il provient de l’écorce, son processus de récolte est très respectueux de l’environnement et aucun arbre n’est abattu. Les bouchons de liège sont par ailleurs 100% biodégradables ou recyclables. Alors, existe-t-il d’autres raisons plus valables pour abandonner nos chers bouchons de liège?

    Les partisans du synthétique avancent trois autres arguments. C’est d’abord une question de coût : les bouchons synthétiques sont tout simplement moins chers à produire. C’est également beaucoup plus pratique de refermer une bouteille avec un bouchon synthétique. Enfin, avec des bouchons en plastique, pas de risque de vin bouchonné puisque ceux-ci ne contiennent jamais de trichloroanisole, cette substance qui peut entraîner une odeur de bouchon très désagréable et donner au vin un goût de moisissure.

    Seulement voilà, les bouchons synthétiques jouent leur rôle un peu trop … à fond ! Ils ferment si bien la bouteille qu’ils ne laissent s’infiltrer aucune micro bulle d’air dans la bouteille de vin, lorsque celui-ci mature en cave. Les puristes du liège assurent que cela empêche le vin de bien vieillir. C’est la raison pour laquelle le liège est revenu au goût du jour. Ne craignons rien, n’abdiquons pas face au plastique, dégustons et buvons, dans l’art des traditions !

  • Les tanins du vin

    En octobre, Alain Gousse, notre sommelier, vous faisait déguster un Plaisir de Siaurac 2010 Lalande de Pomerol et un Mercurey Vieilles Vignes 2010 Theulot Juillot. C’était le match Bordeaux contre Bourgogne. Le premier vin, très tannique, n’avait rien à voir avec le second, beaucoup plus souple. Mais que veulent vraiment dire les mots « tannique » et « souple » ? Et que sont les tanins du vin ?

    Les tanins sont des substances (des métabolites pour être très précis) présentes en  grande quantité dans la peau du raisin. Leur première mission est de protéger les raisins contre les attaques des parasites et autres méchants champignons.

    Lors de la fabrication d’un vin rouge, on laisse le moût des raisins (leur jus en fermentation) au contact de leur peau pendant plusieurs jours voire semaines. Les tanins, très présents dans la peau des raisins, se libèrent alors dans le moût.

    Au contraire, lors de la fermentation des vins blancs, on ne laisse pas le jus de raisin au contact de la peau des raisins. C’est la raison pour laquelle le taux de tanins est très faible dans les vins blancs alors qu’il est plus élevé dans les vins rouges.

    Les tanins du vin jouent un rôle clé dans la consistance que le vin aura par la suite puisque ce sont eux qui donnent sa charpente au vin rouge et qui laissent cette note d’amertume que l’on ressent lorsque l’on boit un vin rouge. La charpente du vin prodigue à votre palais une impression d’épaisseur et de volume lorsque vous le dégustez. Certains vins donnent ainsi l’impression d’être très légers et aériens tandis que d’autres paraissent beaucoup plus lourds et volumineux. Bien sûr cela n’est qu’une impression car 3cl de vin occuperont toujours le même volume ! Mais lors de vos prochaines dégustations, essayez d’évaluer le volume et l’épaisseur du vin dans votre bouche et vous serez surpris des différences que vous constaterez entre divers vins.

    Vous parlerez d’un vin tannique ou ferme si son taux de tanin est élevé, et d’un vin souple si son taux de tanins est faible. Les vins du Bordelais sont traditionnellement plus tanniques que les vins de Bourgogne. Et vous percevrez facilement cette différence en dégustant et comparant le Plaisir de Siaurac 2010 Lalande de Pomerol, tannique, et le Mercurey Vieilles Vignes 2010 Theulot Juillot, souple.

    Certains vins peuvent contenir trop de tanins ; vous aurez alors la sensation de bouche sèche lorsque vous boirez un verre de vin ce qui est quand même un comble : boire pour finir asséché, quelle idée ! Vous pourrez alors qualifier le vin d’astringent.

    Pour vous faire une meilleure idée de ces différences et apprendre à déguster le vin, je vous conseille notre abonnement vin My Vitibox! Chaque mois de belles bouteilles et un petit guide complet pour apprendre à déguster :-)

  • Domaine Theulot-Juillot : d’abord une histoire de couple

         Le vin se vit à deux. Il y a souvent derrière un domaine ou un château viticole l’histoire d’un couple qui a décidé de faire de la vigne son projet de vie. Le domaine Theulot-Juillot, c’est d’abord cela. Encore jeunes adolescents, Jean Claude Theulot et Nathalie Juillot se sont rencontrés dans les vignes, ont appris à se connaître en vendangeant ensemble. Epouser Nathalie, c’était aussi épouser la vigne et le domaine Juillot. Tout jeunes mariés – ils ont à peine 23 ans – la grand-mère de Mme Theulot leur propose de reprendre le domaine familial « Je suis vieille du haut de mes 85 ans, leur a-t-elle dit, si ma proposition vous intéresse, foncez ! ». Et ils foncent.

         La grand-mère de Mme Theulot, âgée de 85 ans, n’avait plus l’énergie pour « tenir » un tel domaine. Du coup, le domaine vivotait : les jeunes vignerons en charge du domaine changeaient tous les 6 mois, aucun investissement n’avait été réalisé en 20 ans et l’état des vignes se dégradait année après année. Monsieur Theulot, sa licence de Sciences de la Vigne en poche, a rapidement repris la situation en main, soignant les vignes, arrachant les ceps trop abîmés pour en replanter de nouveaux. La « génération précédente », se focalisait sur la vente du vin en oubliant la vigne. Le couple Theulot préfère retourner à la vigne et au raisin pour améliorer la qualité du vin ; les ventes suivront. A force de persévérance, d’abnégation, de passion, ils parviennent à hisser le domaine Theulot Juillot parmi les plus prometteurs de l’appellation Mercurey.

         Si vous passez à Mercurey, n’hésitez pas à venir les saluer. Ils se feront une joie de vous accueillir.

         Le Mercurey vieilles vignes 2010 : un vin d'assemblage révélateur de la force de la Bourgogne : ses sols

         Monsieur Theulot voulait créer un vin gourmand, rond, facile à boire mais complexe au nez, « un vin que l’on boit sans se poser de question » me résume-t-il. Pour cela, il décide d’assembler trois vins différents et complémentaires provenant de trois micro-parcelles voisines. L’un est très structuré, l’autre très élégant et fruité tandis que le dernier est plus souple, plus léger. C’est cet assemblage original qui fait l’excellence du Mercurey Vieilles Vignes du domaine Theulot-Juillot.

         Une question nous vient naturellement à l’esprit : les trois vins composant le « Mercurey vieilles vigne » viennent de la même région bourguignonne, de la même AOC Mercurey, du même cépage Pinot Noir, de vignes toutes trentenaires, du même vigneron, du même millésime, du même processus de vinification… mais ils sont tous très différents !  Comment expliquer cette différence de goût entre les 3 vins alors qu’ils ont tous les mêmes ingrédients?! C’est toute la magie de la terre. Une terre formée de sols très différents. La seule AOC Mercurey de 645 ha a 56 sols différents. Puis ces sols sont à des altitudes et des expositions différentes. Ainsi, deux vignes parfaitement identiques en apparence peuvent donner deux vins totalement différents selon leur sol, leur altitude, leur microclimat etc. C’est ce qu’on appelle le terroir. La diversité des terroirs est, selon monsieur Theulot, la force de la Bourgogne : la multitude de micro-parcelles, différentes grâce à la diversité géologique et géographique de la Bourgogne, permet une grande richesse de vins. Sur ses 11 ha il propose 15 vins, alors qu’un vigneron Bordelais peut faire sur 30-40 ha un seul vin.

         Parmi les caractéristiques du Mercurey Vieilles vignes 2010, on notera les suivantes :

    1. 1. Issu de vieilles vignes, c’est-à-dire de vignes âgées de plus de 35 ans. . Officiellement, il n’existe pas encore de norme qui définisse à partir de quel âge une vigne est « vieille ». Certains vignerons – d’une honnêteté douteuse –  peuvent inscrire « Vieilles vignes » sur leur étiquette alors que leur vigne n’est âgée que de 10 ans. Chez les Theulot-Juillot, on ne parle de vieilles vignes que lorsque celles-ci ont dépassé les trente cinq ans.
    2. 2. Vendanges manuelles… il va falloir se moderniser non ? Et bien non, c’est un choix mûrement réfléchi. Investir dans des machines serait peu rentable car les parcelles sont peu mécanisables. De plus, les cépages sont identiques, mais les pieds de vignes sont très différents. « J’imagine que vous et moi l’on ne se ressemble pas !», me fait-il remarquer. Le geste du vendangeur doit s’adapter à la morphologie de chaque vigne pour ne pas l’abîmer. Pas question donc de mécaniser les vendanges.
    3. 3. Elevé en fût de chêne, pour rester dans le sillage de la tradition en apportant complexité et maturité au vin.
  • Le vin nous fait souffrir, faut-il supprimer le soufre du vin?

    Ces derniers temps ça a tourné à la psychose collective : à en lire les journaux, le soufre devrait être éradiqué du vin. 1 million des 40 millions de consommateurs de vin réguliers en France dépassent la dose journalière de sulfites autorisée, dépassement causé à 70% par le vin.

    Est-ce grave docteur ?

    Maux de tête (on en a tous eu !), nez qui coule, démangeaisons : voilà les réactions d’hypersensibilité liées à la surconsommation de soufre. Cela peut paraître anodin en soit. Exception faite des asthmatiques qui sont bien plus sensibles à la présence de soufre que les non-asthmatiques. Or 6,7% de la population française est concernée par l’asthme. Donc oui, ca peut être embêtant…

    Faisons simple dans ce cas là, pourquoi ne pas supprimer le soufre du vin ?

    Difficile…Déjà parce que le raisin en contient naturellement.

    Et surtout parce que l’addiction de soufre est quasiment indispensable. C’est une des variables d’action clef du vigneron qui lui permet d’ajuster le taux d’acool et le taux de sucre de son vin ! Pour faire simple, grâce au soufre le producteur bloque l’action des levures, donc la fermentation du vin. Les levures transforment le sucre en alcool. En les bloquant, le vigneron s’arrête exactement à l’équilibre souhaité entre alcool et sucre. Par exemple, il peut choisir de faire un vin sec ou un vin doux par l’addition de soufre.

    C'est pourquoi un vin liquoreux, très sucré, contient plus de soufre qu'un vin blanc sec.

    Le soufre a plein d’autres atouts « anti-tout » (anti-oxydant, antiseptique, antifongique) et « pro-ant » (stabilisant, dissolvant, acidifiant, clarifiant) que je vous épargne.

    Mais cet additif miracle est ajouté avec modération et précaution par les bons vignerons : il peut altérer le goût du vin (y ajoutant un doux arôme d’œuf pourri ! … miam miam).

    Donc, pour les non asthmatiques, on ne panique pas, le soufre ne vous fera pas souffrir, everything is under control.

    Quant aux asthmatiques précautionneux, voici quelques conseils :

    -  Préférez le rouge au blanc, il contient moins de soufre

    -  Evitez les bouteilles portant la mention « contient des sulfites » (= le taux est supérieur à 10mg/l)

    -  Buvez bio : l’apport de soufre y est extrêmement contrôlé

    -  …voire biodynamie : il n’y a aucun apport de soufre. Ils lui préfèrent des bouillies à base de « préparats » (= par exemple de la camomille dans les intestins d’une vache enterrés pendant 6 mois puis mélangés dans une bassine de cuivre pendant une heure…) Choisir cette option est à vos risques et périles : ils sont facilement imbuvables ! Sans soufre, les vins sont  plus fragiles et instables (risque d’oxydation, de madérisation, de 2e fermentation)

    -  Donc dernier conseil : buvez sans excès, mais bien ! Et pour cela rien de mieux que l'abonnement vin My Vitibox

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